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Kirghizistan, la croisée des chemins

Mis à jour : mai 17

Après le succès d’ « Egypte, le souffle du temps » diffusé sur sa chaîne YouTube, MAZART production quitte la vallée du Nil pour se perdre au cœur de l’Asie centrale avec ce film documentaire tourné en mars 2021 autour du lac d’Issyk-koul sur le versant nord de la chaîne du Tian Shan.





Carrefour historique des routes de la soie, la steppe kirghizistanaise a toujours été un des principaux points de rencontre entre l’orient et l’occident. Aujourd’hui, trente ans après l’effondrement de l’Union soviétique et l’accession du pays à son indépendance en 1991, il demeure un théâtre de convoitise pour ses puissants voisins, russe et chinois.


Fortement marqué par l’imaginaire crée par la lecture des écrivains voyageurs de Marco Polo à Sylvain Tesson, le réalisateur Romain Arazm accorde une place centrale à la contemplation de ses horizons infinis, à l’écoulement d’un temps paraissant en suspens.





Réalisé en autostop, cet itinéraire de 1500 km est ponctué par des interventions radiophoniques écoutées durant les trajets. En plus de ne pas rompre l’immersion et le déplacement du voyage par des interviews, ce dispositif met en scène les paysages, les conducteurs ainsi que leur habitacle souvent rempli d'objets évocateurs.


Des sommets enneigés à plus de 5000 mètres d’altitude aux immenses steppes peuplées de chevaux en passant par la capitale Bichkek, ce documentaire – délesté de l’objectivité journalistique et de toute exhaustivité – est un regard libre et contemplatif accompagné par une voix off interprétée par la comédienne Ilana Waysberg.


Entre le voyage et la culture, l’art et l’histoire, « Kirghizistan, la croisée des chemins » s’inscrit au cœur de la démarche de MAZART production, une société créée en 2017.


Sur la route de la soie





Axe principal des échanges commerciaux depuis près de deux millénaires, la route de la soie a façonné l’histoire de cette région aux confins des empires. De la ville chinoise de Xi'an jusqu’aux rives de la méditerranée, les marchands entrainaient dans leur sillage croyants, savants et artistes.

Passant par le plateau du Kirghizistan, cet itinéraire a également fait germer dans l’esprit occidental un imaginaire des plus fertile. De Marco Polo à Sylvain Tesson, les récits des voyageurs ont popularisé ces territoires constitués de steppes et de montagnes où le mode de vie nomade et les croyances ancestrales se sont transmises au fil des siècles.


Entre nomadisme et sédentarité




Lorsque la région devient en 1926 la République socialiste soviétique autonome de Kirghizie, la population locale était majoritairement nomade.

La création des kolkhozes et des sovkhozes au début des années 1930 provoque une sédentarisation forcée qui rencontre, ici ou là, une résistance chez les kirghizes pour qui le nomadisme était un aspect déterminant de leur identité. Certains vont jusqu’à faire le choix de l’exil.

Après l’accession du pays à l’indépendance en 1991, le Kirghizistan connait un exode rural important. Aujourd’hui, un tiers de la population vit de l’agriculture.


Le lac d’Issyk-Koul





Dans l’est du pays, le lac Issyk-Koul signifiant «lac chaud», en kirghize, est perché à 1600m d’altitude. Serti de cimes enneigées, il est – après le Titicaca – le plus grand lac de montagne du globe. Légèrement salé, son eau a la particularité de ne jamais geler malgré la rudesse du climat hivernal.

Zone de peuplement très ancienne, ce bassin d'origine glaciaire permet le développement d’une production agricole. Faisant l’objet d'expéditions de sociétés géographiques russes au milieu du XIXe siècle, elle est investie pendant l’ère soviétique par des infrastructures touristiques notamment à Cholpon-Ata sur la rive nord du lac.


L’église de Karakol




Epicentre de la communauté orthodoxe de Karakol, l’église de la Trinité n’a pas été épargnée par l’Histoire. Reconstruit en bois après la destruction provoquée par un tremblement de terre en 1894, l’édifice sera amputé de ses coupoles sous Staline. Elle doit sa restauration à l’effondrement de l’URSS.


Un pays de montagnes




Après le Tadjikistan voisin, le Kirghizistan est le pays dont l’altitude moyenne est la plus élevée au monde. Près de 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Sillonnée par de profondes vallées, la chaîne du Tian Shan, « montagnes célestes » en chinois, est une muraille qui semble partir à l’assaut du ciel. Stoppant net l’immense désert du Tacklamakand au sud, elle culmine à près de 7 500 m et s’étire à l’ouest jusqu’au Pamir Afghan sur 2 500 km. Inaccessibles en hiver, ses cimes sont considérées par les nomades comme sacrées.



Mana, héro d’une identité restaurée




Construit d’un héros fort et rusé – l’épopée de Mana est un récit mythologique mettant en scène la lutte d’indépendance du peuple kirghize face à l’impérialisme chinois. Si sa conception est impossible à dater, sa première mise par écrit remonte au milieu du XIXe siècle. Cette épopée fait aujourd’hui partie du patrimoine immatériel de l’Humanité. Il est aujourd’hui le porte étendard d’une identité à restaurer.

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