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Les photographies de Fernanda Tafner

Mis à jour : 18 oct. 2019

Qu’elles soient sales ou lavées, sur le cœur, en l’air ou même au fond des poches, les mains sont bien plus que le simple aboutissement du bras auquel elles sont anatomiquement reliées. Certaines parlent avec une éloquence rare. La finesse de l’ouïe de la photographe brésilienne Fernanda Tafner a su capturer la discrétion de leur discours pour mieux nous le faire entendre.  


De celles peintes en négatif sur les parois des grottes préhistoriques aux innombrables croquis des carnets de Léonard de Vinci en passant par celles s’effleurant au sommet de la Sixtine, les mains – au même titre que les visages – requièrent toute la virtuosité des artistes. 


Dirigeant l’œil du spectateur, elles compensent aisément le mutisme de la peinture et de la photographe. 



Dans l’installation panoptique de sa série Manières (2018), les mains photographiées par Fernanda Tafner dans le métro parisien occupent le centre de ce que l’on serait tenté de continuer à appeler des « portraits ». 


Soignées, manucurées, calleuses, tatouées ou richement ornementées de bijoux en tout genre, ces mudras des temps modernes sont de véritables concentrés d’identité.


« Elles sont le centre d’un petit monde » rappelle l’artiste qui les immortalise quotidiennement, le plus discrètement possible, à l’aide de son téléphone portable. En isolant les mains d’inconnus auxquels il fait face le temps d’un trajet, l’objectif de Fernanda Tafner parvient à créer une intimité rarement présente dans les transports en commun des métropoles. 






Dans un tout autre registre la série Tactile, également présentée dans le parcours de l’exposition « Matières à penser » au Centre Tignous d’Art Contemporain de Montreuil, propose une expérience sensorielle liée au toucher. Baigné par l’éclairage naturel d’un studio photo, le corps de Volmir Cordeiro (danseur professionnel brésilien) semble sur le point de disparaître dans les marges de ces ambitieux cadrages. Car ici, une fois de plus, c’est la chorégraphie des mains dans l’air et sur la peau du modèle qui retient l’attention de Fernanda Tafner. Grâce à un rigoureux travail sur la lumière, sur les couleurs et par de subtils effets de textures, la matérialité du corps dansant devient étrange et interroge la porosité des frontières entre le mouvement et l’inerte, la vie et le morbide. 


Retrouver l'intégralité de l'article sur le site de la revue Point contemporain

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41 avenue Paul Doumer, Paris, France

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